CHRISTOPHE BONACORSI  artiste peintre

Christophe Bonacorsi vit et travaille à Paris.
Étonnant parcours que le sien, né en Espagne, passé brièvement sur les bancs d’une école d’architecture et sur ceux des Beaux-arts de Paris.

Rédacteur pour le journal Le Quotidien de Paris, il fut aussi vendeur de cuir aux Puces de Saint-Ouen et ouvrier sur une barge pétrolière.
Depuis 1995, sa peinture obéit à une règle stricte, l'utilisation exclusive de la couleur noir. Son impressionnant atelier de Montreuil est plein de ses noires tentations d'exprimer l'indicible, l'ineffable, ce qui est impossible à représenter. Il va au-delà de l'image peinte pour aller vers la peinture elle-même. Ses œuvres sont d'immenses camaïeux noirs qui nous invitent à nous plonger au fond de la texture. Ses noirs captivants mats et profonds interrogent à l'infini le sens, le poids, l'âme et la fin de nous, à travers des corps, des visages démesurés, des chiens vainqueurs, dans son univers noir mat et radical.

Généralement, je ne donne pas d’explication : je donne à voir. Les premières têtes de singes, les autoportraits dans l’assiette, les grands portraits ou les études de crânes, pour moi, sont des vanités. Sujet on ne peut plus courant dans l’histoire de l’art, sujet qui n’a rien de morbide à mes yeux. Car il instaure un dialogue avec le temps.
Il est toujours aussi stupide de dire qu’un artiste est morbide parce qu’il traite d’un sujet morbide, que de dire que Shakespeare était fou parce qu’il a écrit le Roi Lear  (Oscar Wilde)
Ceci dit, je ne cherche à produire aucun effet – mot que je n’aime pas – mais j’introduis parfois un peu d’humour. Ensuite : c’est à chacun de se débrouiller avec sa perception du temps, avec sa perception de la mort. La pensée sera toujours plus forte que la mort.
Elle laisse des traces, donne à réfléchir. D’où le face à face du crâne et du cerveau or sur miroir, d’où la phrase de Cioran : « Penser que l’on a un crâne et ne pas en perdre la raison ».
Depuis quand la métaphysique serait-elle morbide ? "
"Cette œuvre, se distingue par la cohérence presque obsessionnelle de sa démarche et la violence de représentations que n’adoucit pas la maîtrise des procédés graphiques et picturaux . Poursuivie dans l’isolement, cette tentative intéresse par sa rigueur, son refus des concessions et une très singulière implication autobiographique."

Philippe Dagen , historien et critique d'art, Le Monde

 
" Le travail de Bonacorsi détient une vérité profonde, intérieure, et, sans artifice de séduction, est porteur une grande beauté "
Nelly Gabriel Cricique d'art, Sous l'Oeil du peintre, Lyon Figaro.